Lettre ouverte d’étudiantEs en droit à l’UQAM
L’UQAM, C’EST NOUS !
Nous sommes des étudiant-Es du département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal. Nous provenons de milieux différents, mais nous partageons sa mission sociale d’enseignement. En effet, notre université publique, fondée sur des valeurs d’accessibilité, de participation et de diffusion de la culture et du savoir, nous semble aujourd’hui en danger. Pour cette raison, nous appuyons les revendications légitimes des professeur-Es en grève, représenté-Es par le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ).
La grève des professeur-Es est la grève de l’UQAM
Bien que nous considérions que les revendications salariales des professeur-Es soient légitimes, il est évident que cette grève ne fait pas que souligner les mauvaises conditions de travail des professeur-Es de l’UQAM par rapport à celles des autres universités québécoises, mais souligne également le sous-financement chronique de l’UQAM ainsi que le besoin d’un réinvestissement crucial à sa survie. D’ailleurs, plusieurs de leurs revendications telles que l’embauche de 300 professeur-Es, visent à ramener l’UQAM au niveau des autres universités.
Nous soutenons donc entièrement le SPUQ dans cette grève légitime, puisque celui-ci, en plus de revendiquer de meilleures conditions de travail pour ses membres, tente de sauver notre université publique.
Qui est responsable?
Quoique nous ne puissions complètement absoudre l’administration de notre université, il est évident que le responsable du sous-financement de l’UQAM, problème en grande partie à l’origine de cette grève, est le gouvernement provincial.
Premièrement, le refus du gouvernement de reconnaître la spécificité de la situation de l’UQAM et d’agir en conséquence est déplorable. L’UQAM est une jeune université, fondée sur des valeurs particulières. Elle bénéficie beaucoup moins du financement de ses diplôméEs que de celui du gouvernement. De plus, la formule de financement du gouvernement la désavantage en raison de son haut taux d’étudiant-Es inscrit-Es à temps partiel et de sa vocation axée sur les programmes de sciences humaines. Le gouvernement doit reconnaître cette réalité et adapter son financement en conséquence.
Deuxièmement, le gouvernement a toujours refusé d’accepter que les professeurEs et les étudiantEs ne soient pas les responsables de la débâcle financière de l’Îlot Voyageur et qu’ils ne doivent pas en faire les frais. En effet, plusieurs d’entre nous s’étaient opposéEs au projet dès ses débuts. Le modus operandi du gouvernement provincial pour régler la crise financière de l’UQAM a eu toutes les allures d’une inquisition plutôt que d’un réel effort pour rétablir la stabilité financière de notre institution. Aujourd’hui, ce sont les professeurEs et toute la communauté uqamienne qui en paient la note, et ce, alors que la ministre Courchesne avait affirmé en juin 2007 qu’ils n’en étaient pas responsables.
Il est évident dans la présente situation que le gouvernement agit de mauvaise foi, surtout lorsque l’on considère qu’il refuse à l’UQAM cette demande de réinvestissement plus que légitime, alors qu’il s’empresse d’investir dans le Casino de Montréal. Tandis que le gouvernement Charest considère qu’il n’a pas l’argent pour régler le conflit à l’UQAM, représentant environ 22 millions de dollars, il débloque 305 millions de dollars pour rénover le Casino. Est-ce là un moyen efficace de redistribuer la richesse dans la société ? Nous croyons plutôt que le meilleur mode de redistribution de cette richesse collective est d’investir dans l’éducation post-secondaire et de rendre accessibles les universités publiques.
Pourquoi sauver l’UQAM ?
Nous croyons que l’éducation est l’une des plus importantes ressources du Québec et que notre formation est une richesse collective inestimable. Plusieurs d’entre nous n’auraient pu ou voulu entreprendre des études en droit n’eût été la présence de cette institution, unique au Québec, qui offre des horaires flexibles et l’admission sur une base professionnelle. Nous en sommes fierEs et reconnaissantEs.
Nous sommes des juristes épris-Es de justice sociale, critiques et engagé-Es, issu-Es de la même tradition que celles et ceux qui nous ont précédéEs dans la fondation du département des sciences juridiques.
Nous réclamons haut et fort un réinvestissement massif dans l’UQAM, afin de garder vivante cette institution collective et de refonder une réelle université du savoir, populaire et engagée, un terreau fertile pour l’enseignement au Québec, une université libre et forte.
Nous appuyons les professeur-Es en grève, car nous croyons qu’il en va de l’avenir de notre alma mater.
L’UQAM c’est nous TOUTES et TOUS!
Lettre signée par 69 étudiantes et étudiants de premier cycle en droit à l’UQAM:
Jonathan Ayala Arroyo
Jade B. Lemaire
Gabriel Babineau
Julien Beauchamp-Laliberté
Geneviève Binette
Vladimir Borovikov
Andrée-Anne Bouchard-Desbiens
Marina Boulos
Stéphane Brassard
Matthieu Brassard
Franccesca Cancino
Émilie Champagne
Sébastien Chartrand
Marc-André Cloutier
Jean-Sébastien Comeau
Matthew Conway
Isabelle Crête
Virginie Damien
Lili Dao
Richard Davignon Ethier
Cassandra Deodati-Savard
Marie-Frédérique Des Parois
Frédéric Desbiens
Hugo Desgagné
Stanley Desgrottes
Alexandre Desjardins
Mélissa Desrosiers
Simon Dupuis
Kenny Duque
Philippe Farley
Valérie Faucher
Myriam Guénette
Alexandra Guillaume Sam S.
Mathieu Huchette
Julie Klironomos
Damien Lafontaine
Hugo Lafontaine
Francis Langlois
Nicolas Lapointe
Audrey Lapointe
Molie Lauzon
Richard Lefebvre
Marie Lemay Lachance
Claude-Catherine Lemoine
Maxime M.-Chalifour
Xavier Maude
Raphaëlle Morin-Daoust
Gaël Morin-Greene
Tiyo Muies
Nima Naimi
Christine Normandin
Julie Pamerleau
Audrey-Maude Parisien
Justine Pelletier
Marie-Claude Plessis-Bélair
Guillaume Poitras
Natalia Quiroz
Audrey Richer
Fabienne Riffon
Marilou Rivest
Francis Rouleau
Dominic Roy
Jonathan Ruet
Catherine Simard-R.
Eric Taillefer
Karelle Tardif Boutin
Anne Thibault
Julien Turcotte