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Site sur la grève de l'UQÀM – 31 mars et 1er avril 2010

Ontologiser le débat, par Olivier Garant

Le temps est venu d’ontologiser le débat.

Nos professeur.e.s font preuve de détermination. Nous trouvons dans leur mouvement de grève un exemple de solidarité et d’assiduité. Les assemblées générales, toujours populeuses, reconduisent la grève avec un pourcentage favorable très élevé. Il semble que plusieurs prennent conscience de la profondeur des enjeux.

Au-delà des revendications officielles, ajustement des salaires et embauches de nouveaux profs, nous voyons apparaitre de plus en plus clairement la trame du problème: l’avenir même de l’institution est en jeu. Et cette fois-ci, l’expression n’est plus uniquement rhétorique. Son avenir réel, en tant que perpétuité de son mode d’être actuel, est en péril. Si nos professeur.e.s échouent dans leur négociation, nous verrons très certainement advenir la fin du projet uqamien tel qu’il a été mis de l’avant au moment de la fondation de l’université.

Qu’avons-nous à faire ? Premièrement, l’expression si fréquemment scandée dans les rassemblement revendicateurs : Solidarité, doit être le mot d’ordre. Tou.te.s celles et ceux qui, pour différentes raisons, ont choisi l’UQAM pour y dérouler leur quotidien, qui y apprennent, y travaillent ou y enseignent, doivent s’arrêter et se poser la question: pourquoi l’UQAM? Nous nous côtoyons dans l’exercice de nos activités respectives, et nous le faisons au sein de la même institution. Il importe de prendre conscience de ce en quoi cette institution se démarque de ses semblables. Y trouvons-nous là les raisons qui nous ont motivé à en faire partie ?

En second lieu, au-delà des limites spatiales et temporelles de notre participation à l’existence de l’UQAM, distinguons-nous l’unicité de son projet, perdurant depuis sa fondation et s’inscrivant dans le monde ? Il semble qu’un spectre inquiétant se défile à l’horizon, autant au niveau de l’approche préconisée par rapport aux institutions d’éducation, qu’à la gestion des modes de revendication. Le projet uqamien est celui d’une réappropriation de l’espace intellectuel, poussant vers une démocratisation du droit à l’éducation. Ceci va de pair avec une manière d’envisager l’institution où celle-ci garde son privilège d’autodétermination. L’université doit s’abstraire de la dynamique marchande ; elle doit maintenir sa liberté de pensée. Le mode de revendication actuel (la grève…) s’inscrit dans ce droit fondamental de l’institution. Le recours aux autorités (l’injonction…) constitue donc un affront direct à la liberté de revendication et, par extension, va à l’encontre des fondements mêmes de l’UQAM.

Enfin, devant cette dérive autoritaire de l’administration, il importe de se demander jusqu’où serons-nous prêt à supporter nos collègues qui, dans leur ardeur revendicatrice, prôneront une radicalisation (a priori très légitime) des moyens de pression. Ceux et celles dont les intérêts convergent doivent se reconnaître et œuvrer ensemble dans la poursuite de leur but commun.

Par Olivier Garant, philosophie

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